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  • : mindszenti, peintre contemporain et poète
  •  mindszenti, peintre contemporain et poète
  • : Toute l'actualité de la peinture et de la poésie de Laszlo MINDSZENTI, peintre contemporain. Ses expositions, ses nouvelles oeuvres sur toile ou sur papier ainsi que tout événement en rapport avec le peintre : ateliers pour enfants, initiations... La peinture du peintre contemporain Anna Mindszenti-Calische, sa fille discussions, échanges à propos des Mindszenti
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:41

Danses modernes

 

Les tambours roulent leurs sons, leurs

couleurs flottent dans l'air. Les tentures

tremblent, les écharpes s'amusent.

Le saxophone lance ses ululements graves,

le batteur change de rythme. Une femme a

perdu ses chaussures. Des mains chercheuses

s'enivrent de chair moite, se gorgent de

chaleurs exotiques. Les pieds battent le

sol, frétillent, ralentissent, se traînent. Ils

s'arrêtent, puis repartent, se lançant dans

des parties frénatiques de claquettes. Des

frottements voluptueux, des pourparlers

muets, strictement épidermiques, soudent

et ressoudent ces corps mâles et femelles,

serrés l'un contre l'autre pour quelques

minutes seulement, mais jusqu'aux dernières

possibilités du toucher charnel considéré

comme encore décent. Les visages sont

marqués par une rêverie triste s'adressant au

Néant.

Le saxalto module ses hurlements, le piston

tient une note prolongée, la voix aiguë de la

clarinette couvre momentanément celle de la contrebasse.

Le batteur entame un rythme inédit ; des

contrées lointaines, l'exotisme des tropiques

un horizon sans failles, l'Aventure, l'Espace

Libre tourbillonent au gré de ses bras le-totem-mauve-65X81-2300.jpg

gesticulants, se dessinent dans ses grimaces,   

prestidigitateurs, virevoltent avec ses                                       

baguettes magiques. Des badauds encerclent             

l'orchestre, ils rient à gorge déployée. Le  

clarinettiste fait le singe.

Dans un coin sombre, des boxeurs

professionnels s'apprêtent à se lancer dans

une bagarre de routine, pour le plaisir de                   

taper, de cogner, de frapper, de tuméfier                     

le visage d'autrui. Ils enlèvent leurs vestes,                 

sans dire mot, sans se presser, mesurant leur       

involontaire adversaire du coin de l'oeil.                            

La batterie roule ses sons, les corps s'attirent.     

Dans la pensée de certainss Messieurs la nuit

prend une forme fixe et serpente sa masse

vers un lit moelleux. Quelque part, un bruit

de baisers se fait entendre. Dans un recoin

obscur de la cage d'escalier, deux copains

caressent les seins d'une même fille. Elle ne

s'est pas encore décidée.

Les danses d'un style inconvenant, aux

attouchements ambigus, font leur apparition

dans les rangs du public. C'est le bal

annuel des étudiants de l'Ecole des Langues

Euphoriques. La salle est crasseuse, le prix

d'entrée modique, adapté à la bourse des

fadas de tous poils et de toute Faculté.

Ailleurs, dans les cabarets de première classe,

les sens se délassent derrière le rampart

d'habits élégants. Le Plaisir se dandine sur

des talons aiguilles. Des silhouettes de qualité

sont autorisées à exposer leurs avantages,

gentiment, sans histoires. Les garçons ne

trottent pas, mais filent en souplesse en

desservant les tables. Le piston joue en

sourdine. Le monde peut méditer sous des

lumières tamisées.

Argent, dollars, devises. Femmes, belles

femmes partout.

Soirée de week-end en République Populaire

de Marmarablanka.

Laszlo Mindszenti

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 22:00

Vent frivole


DSCN4015

Tambour de la danse, rythmique de nuit

Tambour de la mort, serpent rouge de la lave

le vent se lève, le vent virevolte

la lune lave la montagne

le vent se lève, le vent frivole.

La nuit danse dans les arbres.

László Mindszenti

 

 


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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 17:58

Automne


mindszenti-tabmini28.jpg

Quelqu'un frappe à la porte

Il serait convenable de lui répondre

Un rêve s'esquive, un petit rayon d'intelligeance

tresaille dans nos yeux.

C'est l'automne qui frappe à la fenêtre

C'est l'automne qui s'affaire dans la rue

amortissant ses pas sur des feuilles sèches, jaunies,

Camoufleur sentimental de tes blessures, Vie.

C'est lui qui fait remuer les ombres

Le soir, sur l'asphalte de l'avenue

C'est lui qui pleure dans les adieux d'une fille

C'est lui qui coule, rampe, aubout des jardins.

 

Lásló Mindszenti, Budapest 1952

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 22:15

Fermes sur la plaine hongroise


charette--1.jpg

 

En dosant le pain très prudemment

avance le jour et les ailes du soir

bruissent en la langue des éteules de la dernière moisson,

effleurant les pots à lait qui s'alignent sur la haie.

Des meules de blé, petites, rêvent du boulanger.
La balance en fait autant en pensant au maïs qui pesera des tonnes.
Un enfant, fouillant les frusques de ses frères en quêtede cigarettes

est épié par des fenêtres minuscules, aux vitres sales.

La fête fanée, dimanche, trouvera les garçons

aux bras des ladies blondes des romans mielleux.

Les filles s'abandonneront aux autos luxueuses, aux bals pompeux...

Dans le vent, une clôture, aux poteaux pourris, pleure.

Dans les étables,le hennissement matinal des chevaux,

l'odeur du corps des vaches réveille les soucis, le travail.

 

 

László Mindszenti

Rouen 1958

 


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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 19:31

 "Quand j'étais hongrois"

 

Ecoutez László Mindszenti sur "Page à Page Toulouse"


Une émission de Radio Occitanie enregistrée le Jeudi 24 juin 2010 Invité : László Mindszenti nous parle, en compagnie de sa fille Eva (auteure déjà reçue dans l'émission), de son recueil de poèmes "Quand j'étais hongrois", édité chez N et B.

 

Beaucoup d'émotion et de partage dans cette émission !!!


   
 Bibliographie de l'émission : - Quand j'étais hongrois de Lazlo Mindszenti - Le monde en marche de Lazlo Mindszenti - Délires barbares de Lazlo Mindszenti - Poèmes de jade, poèmes de jadis de Lazlo Mindszenti
le départ dans la vie-80X80-2200"Le départ dans la vie" huile sur toile 80 X 80 cm



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Published by Agnès Grillo - dans poésie
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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 22:59
Le bateau ivre
...Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

le-bateau-ivre.100x100-4200.JPG

 

Sometimes, a martyr weary of poles and zones,
The sea whose sobs sweetened my rollings
Lifted its shadow-flowers with their yellow sucking disks toward me
And I hung there like a kneeling woman..

Arthur Rimbaud

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 15:26

 

comme un ours...


dessin-72---2.jpg

 

Comme un ours en furie au creux de sa caverne,

il tourne ses mots à l'aigre, il exerce sa verve

à fustiger ses proches de ses problèmes aigus,

de ses vexaxions, de la baisse subite de ses revenus.
Certes, la vie d'artiste n'est plus ce qu'elle était

du temps de sa gloire globale, quasi universelle...

(mais entre nous, il a tord de se faire du mouron...)

Une étoile brille, quasi interstellaire,

sur l'acier froid bouclant son ceinturon.

László Mindszenti

"Le monde en marche"


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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 22:00



Je rêve que je rêve

et j'apprends que je meurs
habitant, Souvenir, tes ténèbres-demeures.
L'espoir s'envole
l'espérance s'enfuit
Je cueille en somnolant,
les amers fruits.

László Mindszenti
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 14:26
Jour de lumière


les-cascades-du-paradis-100X100cm.jpg




"les cascades du paradis"
huile sur toile 100 X100 cm




Un jour, dans la lumière, les bois nous
offriront leur fête.

En ce jour de lumière, cesseront les tempêtes.

Ce jour, dans la lumière, où cataractent
les sons, un verbe chantera son amour, ses
premières leçons.

Ce jour, dans la lumière, un savant écolier
récitera son Histoire sans date, sans sang
coulé.

Ce jour-là, les cerveaux-serfs de la haine,
du mal, prêteront serment à la Paix, suave,
sincère, sans rivale.

Ce jour-là de lumière, les braves, les pleutres,
les niais, les mordus seront réunis ; ils fêteront
tous la Paix.

La Paix des mots, des faits, des êtres, des
arbres, des sons, des hommes, des bêtes.

La verve de tout ce qui est bon, le nerf de
tout ce qui est durable

La beauté des montagnes coulées, des échos
hors des vents du val

La paix éternelle des pensées, des vers sans
rime, sans compte-syllabes, des mouvements
saints des mères aimées.

L'affliction de tout ce qui casse.

La Paix éternelle des mêlées, la trêve éternelle
des batailles

La Paix en sons, en vives couleurs, en
sérénades, en écureuils, en tout ce qui dans
notre nature, en notre sang, en notre vue,
dans nos instincts, dans nos poèmes, dans nos
romans, dans leurs rêves, dans notre vie, dans
notre mort, (sans cloches, sans casques, sans passeports) sous le linteau bleu du ciel de la
Pensée Essentielle : HARMONIE.

Harmonie en paix, en sons, en consonances
et en songes, sans dissonances férues d'armes,
sans idées jaunes, rouges, macabres
sans les "non" d'aujourd'hui, sans chasse à
l'homme, sans tueries

sans ce qui glisse, sans ce qui rampe dans nos
têtes aujourd'hui.

Un jour, dans la lumière, les bois nous
convieront à leur fête.

Ce jour-là, dans la lumière, cesseront les
tempêtes.

Ce jour, dans la lumière, où cataractent les sons,
un verbe chantera son amour aux premières
leçons.

László MINDSZENTI
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:39
Les saisons passent


Une saison après l'autre
Les rêves s'amalgament.
De cette incertitude se détache le soleil rouge
des horizons perdus, s'élève le dôme de la
Solitude qui nous veille,
qui nous assiste sur les ruines de notre
sensibilité.
Ainsi naissent les illusions perdues.
Dehors, dans la vie, les prisonniers hâves de
notre égoïsme
se traînent, la tête baissée, le corps en
haillons,
l'âme en berne.
Leurs pas trébuchants nous tracent ta courbe,
ôh, combien cruelle,
combien inutile, espoir humain.

László Mindszenti

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