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  • : mindszenti, peintre contemporain et poète
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  • : Toute l'actualité de la peinture et de la poésie de Laszlo MINDSZENTI, peintre contemporain. Ses expositions, ses nouvelles oeuvres sur toile ou sur papier ainsi que tout événement en rapport avec le peintre : ateliers pour enfants, initiations... La peinture du peintre contemporain Anna Mindszenti-Calische, sa fille discussions, échanges à propos des Mindszenti
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 19:18

En Avignon, le collectionneur milliardaire Yvon Lambert gravement contrarié par une révolte des élèves de l’école des Beaux-Arts 

 

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Claude Lévèque devant son « ambiance agricole » installée sur le stand Yvon Lambert à la FIAC 2007

  En Avignon, c’est la grosse mutinerie depuis deux mois, à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts, avec des manifestations dans les rues du Festival et des pétitions organisées par les élèves, qui en ont marre de leur Jean-Marc Ferrari de directeur et veulent le passer par dessus bord Certains pensent que ce serait une perte irréparable, car un directeur qui est capable d’énoncer une phrase de cette trempe -là : « "dans une école d'art, il y a le chaos d'abord, et de là ensuite peut émerger quelque chose qui puisse interroger la beauté du monde" , ne peut être complètement mauvais … et d’ailleurs son projet de commissariat pour la prochaine BAC - Lyon intitulé justement « du chaos à la beauté du monde », le plaçait en tête des postulants… sauf que cette révolte d’étudiants risque de tout compromettre. 150 millions de dollars L’autre personnage - clef de cette rébellion avignonnaise, c’est le galeriste-collectionneur milliardaire Yvon Lambert, qui a fait don à l’Etat de sa collection d’une valeur estimée par Christie’s à près de 100 millions d’euros, qui a reçu la Légion d’Honneur et la visite du gentil François Hollande pour cela, et qui a fait de la ville d’Avignon son dépositaire et hébergeur permanent en l’Hôtel de Caumont et l’Hôtel de Montfaucon voisin ( ex-gendarmerie mais néanmoins superbe édifice historique classé). La commune vertu entre les artistes de cette collection, c’est qu’ils sont parmi les plus chers du monde. Ce sont dans l’ordre alphabétique : Carlos Amorales, Miquel Barcelò, Jean-Michel Basquiat, Christian Boltanski, Daniel Buren, André Cadere, Vincent Ganivet, Nan Goldin, Douglas Gordon, Jenny Holzer, Roni Horn, Zilvinas Kempinas, Anselm Kiefer, Barbara Kruger, Bertrand Lavier, Claude Lévêque, Allan Mac Collum, Robert Mangold, Brice Marden, Vik Muniz, Diogo Pimentao, Robert Ryman, Richard Serra, Andres Serrano, Niele Toroni, Salla Tÿkka, Cy Twombly, Lawrence Weiner… Il s’agit donc du nec plus ultra du conceptualo – financial – art mondial. Car à part Barcelo, Basquiat, Kiefer et Twombly, dont les œuvres contiennent une substance artistique tangible et durable, tous les autres sont d’une immatérialité artistique qui les classe dans les bulles à haute valeur spéculative, mais à haut risque d’éclatement à court terme. Citons notamment les inénarrables Buren, Lavier, Toroni, qui ne vaudront pas un kopeck dès que l’inepte dominant aura implosé. Un parfum d’ambiance Citons aussi le délicieux Claude Lévèque (photo jointe), « ambianceur » de renommée internationale pour FRAC, Musées, Châteaux, Eglises, Cathédrales, Biennales, hangars agricoles, grottes préhistoriques, qui a, dit-on, « puisé ses influences dans les milieux noctambules et festifs parisiens des années 80 », et qui affirme lui-même qu’ « une oeuvre est réussie quand le spectateur ne peut pas la supporter plus de trois secondes »… ( Signalons ici plutôt qu’ailleurs, que Lambert avait proposé sa collection à la ville de Montpellier, mais qu’il s’est fait éconduire par Georges Frèche, qui avait très vite compris qu’il s’agissait d’un cadeau empoisonné et qui , comme tout le monde le sait, n’aimait pas qu’on le prenne pour une banane) Une bande de jeunes crapauds de bénitiers Et puis il y a enfin le très scato- bigot- bigorneau -Serrano, dont la photo d’un crucifix trempé dans son urine a été violentée par une bande de jeunes crapauds de bénitier, intégristes hitlériens du quartier. Lequel attentat, très bien exploité médiatiquement par Mézil, Ferrari et Cie, a multiplié immédiatement par trois la cote de ce « Piss Christ » sur le marché, au point qu’on se demande si les intégristes n’étaient pas manipulés, comme la jeune hystérique qui peu auparavant avait déposé un baiser rouge baveux sur un tableau de Twombly, ce qui avait triplé aussi sa cote et avait provoqué chez l’artiste de 92 ans une érection carabinée. Aussi, l’œuvre profanée, a-t-elle été pieusement conservée et exposée en l’état. Elle a bien entendu attiré des milliers de festivaliers en quête de sensations culturelles fortes. Et toute cette plèbe culturolâtre, venue se prosterner éplorée devant les symboles profanés de l’argent – roi, fait , paraît-il, hurler de rage les mânes de Jean Vilar. Déguerpissez jeunes gens ! Et c’est là, devant ce Piss Christ défoncé

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Jean Marc Ferrari devant un Piss Christ écrasé par une météorite intégriste

 

 que nous retrouvons notre sus - dit Jean-Marc, chaotique beauté du monde de Directeur, qui y va, devant un public subjugué, de son émouvant couplet sur l’intolérance, l’intégrisme, le nazisme, la bête immonde, etc, pour se faire bien voir de son prestigieux voisin Yvon Lambert. Car il faut savoir que jouxtant l’Hôtel de Caumont, où est hébergée la Collection Lambert, il y a l’Hôtel de Montfaucon, superbe édifice historique classé (ex-gendarmerie au demeurant) qui a hébergé jusqu’à aujourd’hui, l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts dont Jean Marc Ferrari est le Directeur. Ce voisinage ayant été pensé au départ comme pédagogiquement vertueux pour les élèves ainsi placés en proximité irradiante des « grandes œuvres de notre temps ». Une générosité bien partagée Et c’est là que l’on trouve une première des multiples raisons de la révolte des élèves, car pour ce qui est de l’ « irradiation » bienfaisante dont ils devaient bénéficier, cela consista surtout à les utiliser comme larbins balayeurs et manutentionnaires. La deuxième raison, c’est qu’aujourd’hui, cédant aux exigences de Lambert , la municipalité a décidé de déloger l’école des Beaux Arts pour donner les deux Hôtels contigus à sa « fabuleuse » collection . « La mairie préfère investir massivement de l'argent public pour la Collection d’un milliardaire, plutôt que d'assurer la survie d'une école et montrer aux yeux de tous le mépris des pouvoirs publics pour l'école et ses étudiants », protestent les élèves, qui commencent à comprendre le mécanismes et la logique de fond de cette collusion entre bien public et intérêts privés dont ils font les frais. Ils comprennent comment l’argent et le dispositif publics sont utilisés pour cautionner, valoriser, garantir la cote des artistes et donner valeur patrimoniale à des produits financiers qui n’en ont pour la plupart aucune. Ils découvrent ainsi la vraie nature de l’ « art contemporain ». Ils comprennent maintenant pourquoi Yvon Lambert est récompensé pour tout l’argent qu’il a gagné et pour son long travail de promotion de l’art américain au détriment de l’art français et européen. Ils comprennent pourquoi on les déloge, pourquoi la ville prend à sa charge tous frais d’entretien, d’assurance, de loyer et de gardiennage , et pourquoi le Département, la Région et l’Etat subventionnent un maximum cette ahurissante opération. Ils ont compris le caractère forcément pervers de l’enseignement qu’on devait leur infliger dans ce contexte de dérogation totale à toutes les règles et valeurs respectées ailleurs.. Ras le bol Duchamp « Nous considérons notre mouvement comme le point de départ d’une remise en question générale de l’enseignement de l’art en France », disent-ils sur leur site http://www.esa-avignon.fr où l’on peut retrouver l’historique, les raisons et l’actualité de leur lutte au jour le jour. Ils y dénoncent : -les très nombreux dysfonctionnements de leur école et les abus de pouvoir de son directeur. - l’annulation de l’élection d'un représentant étudiant, le clientélisme, le management par la terreur, le harcèlement moral et physique, le sexisme - les pressions qui s'accentuent, culminant lors d'un dépôt de plainte au commissariat à l'encontre du directeur, notamment pour les faits de harcèlement dénoncés : refus de prendre les plaintes, accusations répétées de « mythomanie », présence de policiers en civil de la DCRI, intervention du commissaire... - les coups tordus portés par ceux qui tiennent à maintenir coute que coute leur rôle de petits chefs et de serviteurs d'un enseignement policier de l'art des élites, - une pégagogie axée moins sur une approche de fond de la création que sur des stratégies à court terme de communication, de marché, de succès, d’expositions. - l’absence totale de formation académique classique au métier, au dessin, à la peinture, aux techniques, pour privilégier de nouvel académisme de la transgression systématique avec l’éternelle référence à Duchamp. Une action judiciaire Les élèves ont pris un avocat qui leur permet de donner à leur lutte une dimension juridique, avec obtention déjà de nombreux témoignages, tel qu’il est possible de le lire dans leur blog au 25 07 12: • Un témoignage de mise au placard et de harcèlement moral, exercé sur un ancien professeur poussé au départ par Jean-Marc Ferrari, • Un témoignage de harcèlement sexuel, qui montre que les pratiques de harcèlement sexuel exercées par Jean-Marc Ferrari existent depuis de longues années au sein de l'école : durant les années 2000 déjà, certaines étudiantes ont été victimes des pratiques de ce directeur.( Il est vrai que ce type de harcèlement est une pratique pédagogique homologuée dans beaucoup d’écoles d’art comme exercice d’initiation à l’art contemporain et de débridage de l’imaginaire. NDRL) • Un témoignage qui évoque un cas de favoritisme; dans ce domaine également, ce témoignage démontre que le tout-puissant directeur Jean-Marc Ferrari pensait déjà dans les années 2000 pouvoir délivrer un diplôme contre l'avis des enseignants, alors qu'une étudiante n'avait pas validé les U.V. (Unités de Valeur) indispensables. • Un témoignage qui fait la démonstration du défaut d'organisation de l'école d'art d'Avignon, • Un témoignage qui évoque la maltraitance et les humiliations exercées par Jean-Marc Ferrari sur les personnels comme les étudiants-es, • Un témoignage qui démontre encore que les productions du management du directeur Jean-Marc Ferrari sur la santé des personnels sont parfaitement connues des services de la Mairie d'Avignon depuis plusieurs années. • Un témoignage enfin de harcèlement et de menaces, témoignage qui fera l'objet d'un nouveau dépôt de plainte contre le directeur Jean-Marc Ferrari, dès le début de la semaine prochaine. Une subversion non subventionnée Cette révolte d’Avignon apparaît donc comme une brèche historique ouverte dans la gigantesque forteresse de l’ « art contemporain » façon Lambert. Il est probable qu’elle sera étouffée, que les élèves n’auront jamais leur diplôme, qu’ils seront exclus et en seront pour leurs frais d’avocat. Car ici, il ne s’agit plus, comme à l’habitude, d’une subversion de pure forme, subventionnable et récompensable par les félicitations d’un jury de clones . Ici nous ne sommes plus dans l’immatériel, la rhétorique sans objet et le conceptuel duchampien. Ici, nous sommes dans le dur, dans le réel, la vraie vie, l’authentique prise de conscience, la vraie lutte et la vraie subversion d’un système parfaitement nécrosé par l’argent. Alors, allez sur le site de ces jeunes, courageux et vrais résistants qu’on aura du mal à faire passer pour des ringards réactionnaires et fachos. Lisez ce qu’ils écrivent de leur lutte et ce qu’on en dit dans les journaux locaux (rien bien sûr dans les nationaux) et puis signez la pétition de soutien : http://www.petitionenligne.fr/petition/petition-des-etudiants-de-l-ecole-d-art-d-avignon/2673

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Published by Nicole Esterolle
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